Le président de l’Hérault se sépare du PS : « Je ne veux pas d’un parti soumis aux Insoumis »

Dans un tournant politique majeur, Kléber Mesquida, le président du conseil départemental de l’Hérault et ancien membre du Parti socialiste depuis 50 ans, a annoncé sa rupture avec ce dernier pour se tourner vers le mouvement « La Convention », dirigé par l’ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve. Un pas audacieux qu’il justifie par son refus de rester dans un parti jugé trop conciliant vis-à-vis de la France Insoumise et un constat amer sur l’état du PS aujourd’hui.

Un parcours politique de 50 ans

Kléber Mesquida n’a pas été un simple membre du PS ; il a vécu l’évolution de ce parti au fil des décennies, côtoyant des figures emblématiques comme Mitterrand, Jospin et Holland. Cependant, après un demi-siècle d’engagement, il se déclare « profondément touché » par la direction que prend le PS actuellement. « Je ne pouvais plus supporter la direction prise par ce parti », explique-t-il, pointant la stagnation et l’absence de renouveau qui pèseraient sur lui comme un poids mort.

Du PS à La Convention : un changement stratégique

La décision de Kléber Mesquida de quitter le Parti socialiste n’est pas à prendre à la légère. Dans une interview accordée à ICI Hérault, il exprime son désenchantement face à ce qui, selon lui, est un PS falot, sans réelle ambition. Ainsi, « passer de 180 000 adhérents en 2012 à seulement 40 000 en 2025 » lui semble presque incroyable et témoigne, à ses yeux, d’un « déclin » désolant.

Une critique virulente du PS

Le critique de Kléber Mesquida ne s’arrête pas là. Il insiste sur l’absence de cap véritable au sein de la direction socialiste, qu’il considère comme un manque évident de politique progressiste. Pour lui, les sociaux-démocrates que le PS est censé représenter ne sont plus à l’honneur, relégués au second plan au profit d’un alignement plus que suspect avec La France Insoumise. « Cela révèle qu’au sein de la direction, il n’y a plus de véritable cap, ni de politique progressiste authentique », déplore-t-il.

Récit d’un départ mouvementé

La décision de quitter le PS a été prise après un congrès qui s’est tenu à Nancy, où Olivier Faure, le premier secrétaire sortant, a été reconduit dans ses fonctions. Pour Kléber, ce congrès n’a rien apporté de nouveau, alimentant son sentiment d’impuissance face à une direction qui semble figée dans ses positions. Lors de son passage sur France Bleu, il a décidé de passer à l’action, clâmant haut et fort sa volonté de ne plus être un « soumis » face aux Insoumis.

Une nouvelle aventure politique

À 79 ans, Kléber Mesquida ne semble pas épuisé par la tempête politique dans laquelle il navigue. Bien au contraire, il se tourne avec espoir vers son nouveau terrain de jeu : « La Convention ». Dans ses déclarations, il évoque sa ferme conviction de retrouver sa place aux côtés de Bernard Cazeneuve, un homme qui a à cœur de redynamiser la gauche tout en gardant un œil critique sur l’évolution du paysage politique français.

Vers un avenir incertain

Le passage de Kléber Mesquida au sein de « La Convention » pourrait annoncer un possible renouveau pour ses idéaux sociaux-démocrates, bien que le chemin reste semé d’embûches. La fracture avec le PS est également symbolique d’une transition plus large au sein de la gauche française, où le « clash » entre le PS et La France Insoumise soulève des interrogations sur l’identité même de cette gauche qui peine à se définir.

Alors que l’Hérault se prépare pour un futur en dehors des sentiers battus du Parti socialiste, la voix de Kléber Mesquida pourrait bien résonner comme celle d’un nouveau réveil politique, prêt à s’affirmer contre vent et marée.

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